A propos de l'auteur gazio

Nicolas Gasiorowski
Date de naissance : 15 mai 1958
Email : Contactez-moi
Site Web : http://gazio.canalblog.com/
Pays : France
Ville : IVRY SUR SEINE

 

Quelques mots sur moi

N I C O L A S G A S I O R O W S K I
Visionnaire imprévisible - Peintre de l'instant

Né en 1958 , vit et travaille à Ivry-sur-Seine.
Nicolas Gasiorowski commence le dessin à l’âge de 10 ans. Admis à l’Ecole des Beaux Arts de Paris en 1979, il en sort un an après, préférant l’apprentissage solitaire.

"Influencé par Paul Klee, Kandinsky ou encore Picasso, il monte son propre atelier et signe Gazio.
L’univers graphique de Gazio s’apparente à celui des peintres de style figuration-libre. Les sujets colorés sont traités en lignes pures et font souvent référence au cirque, au théâtre et dans tout les cas à des sujets remuants et souvent torturés. Le déséquilibre, la chute, le grotesque et le tragique constituent des thèmes récurrents des toiles de Gazio."
Yann Kerninon

En 2010, Gazio signe Nicolas Gasiorowski et joue une autre partition. Il déploie une écriture gestuelle où le seul liens avec la figure s’apparente à un monde végétal plus féminin que la nature :

"Arbres déguisés, travestis, végétations humides et ambiance tropicale habitent à présent , les paysages que je vois à travers les fenêtres de mon atelier d'Ivry sur Seine."

"Tu me trompes. Je l’accepte. Tes bleus et tes bruns, ne me ferons jamais prendre une vessie pour une lanterne"
Gérard Dumesnil
"Entre deux toiles
Joueurs, tricheurs, de Tolstoï, Gogol à Cézanne, voyage toute un panoplie humaine.
Du Grand Meaulnes à Bram Van Welde, les brumes fluides., les espaces des jungles de l’Est, aux troncs de nerfs et sèves lavés, tout monte et descend dans le grand corps de lumière. L’air, le ciel, le sable, arbres hommes, racines crocodiles, tout remonte vers l’humide."
Jeanne Gatard

A ce jours, Nicolas Gasiorowski revient à la figure humaine librement, en peintre abstrait :

"Se laisser saisir malgré soi devant l’évidence, pour ne pas dire liturgique ou existentielle, se laisser saisir devant l’évidence dramaturgique de la peinture effrénée de Nicolas Gasiorowski. En quelques mots, dans son œuvre apparaît ce qui existe, ce que l’on croit ou devine mais qui ne se voit pas."
Sandra Detourbet

VISIBLE EN GALERIE
Galerie Bex – Paris
Les Robinsonnes – Antibes

EXPOSITIONS PROCHAINES
Galerie art et société – Paris 2012
PULS’ART - Le Man 2012
Traverse - Mers les Bains 2014
EXPOSITIONS PERSONNELLES RECENTES
"1+1=3" à La Fabrique Gallery - Ivry sur seine 2011
La Faïencerie - Ancy le Franc 2011

EXPOSITIONS COLLECTIVES RECENTES
"COLLECTIF Public Chéri Mon Amour" NUIT BLANCHE à La Fabrique Gallery - Ivry sur seine 2011
"Libre ou enfermé" – Exposition collective à Ivry-sur-Seine 2010
Salon d’été de Dourgne – Tarn

EXPOSITIONS 2010
Salon d’été de Dourgne – Tarn
EXPOSITION PERSONNELLE Stylepixiegallery – Ivry sur seine

EXPOSITIONS 2009
EXPOSITION PERSONNELLE Parlement européen – Strasbourg

EXPOSITIONS 2008
EXPOSITION PERSONNELLE Galerie des trois frères – Paris
EXPOSITION PERSONNELLE Galerie de l’angle – Paris

EXPOSITIONS 2007
Salon d’été de Boissezon – Tarn
EXPOSITION PERSONNELLE Château de Rully – 71150
EXPOSITION PERSONNELLE Le bouche à oreille – Beaumont – 27
EXPOSITION PERSONNELLE Art Studio galerie – Paris Montmartre – Paris

EXPOSITIONS 2006
EXPOSITION PERSONNELLE Galerie Jamaï – Paris 11

A partir de 1984 Gazio exposera ses œuvres à la Galerie Breteuil – Paris, à la FIAP – Fédération Internationale de l'Art Photographique, à la Galerie Noblaco – Paris, au SFYG Architecture – Paris, au Studio Michel Trois – Paris, au sein de l’agence Capital Events – Barcelone, à la Maison des Arts de Castres, à la FNAC du Forum des Halles où lui fut consacré une exposition intitulée "Conversation avec Boris".



GAZIO OU LA GENEROSITE DE LA PEINTURE par Claude Roëls

« Nous sommes le 6 décembre 2006 à Saint-Ouen. La scène se passe dans l’atelier du peintre Gazio, sous le regard expert de Charlot en personne, bien placé dans son cadre, à gauche au fond du mur. Sur la toile à laquelle travaille alors le peintre, occupant à peu près la moitié du tableau, un piano est en train de se désintégrer. On voit très clairement que la chose vient de lui, et l’on comprend aussi que les gestes de Gazio captent le mouvement même de désintégration. Capter et capturer font deux. Tout sépare à vrai dire le retour à la source, lequel est délivrance, de l’emprisonnement. Les gestes de Gazio libèrent le mouvement et nous le restituent sous de multiples guises, comme par exemple ici cette désintégration. Mais pourquoi le piano se désintègre-t-il ? Le peintre n’en sait rien, ne veut pas le savoir, non certes par ignorance, mais bien par grandeur d’âme, par générosité. La peinture ne juge pas, ne cherche pas à comprendre, mais elle nous donne à voir ce que précisément les strates de notre savoir nous interdisent de voir. Et le peintre est à l’oeuvre perpétuellement, à la source des choses et de leur mouvement, saluant au passage Georges Braque, le patron : « le perpétuel et son bruit de source. »
Gazio ne nous fait pas l’aumône de ses trouvailles. Il ne se contente pas de juste faire un geste. Il a le geste large et l’ampleur de son geste fait que ses toiles respirent la générosité. Elles sont fortes comme la vie, et croisent sans cesse la mort. La peinture de Gazio est amour de la vie au plus proche de la mort. Nul ne peut sérieusement prétendre l’étiqueter. Il n’y a pas non plus de titres aux tableaux. Peinture, peinture, nous dit l’écho, tout le reste est littérature. Si la fête est bien autre chose que le vide d’une interruption, que l’appel un peu niais au festif à tout prix, alors oui nous sommes là devant une fête des sens. Et la fête continue, de tableau en tableau, spectacle permanent, véritable théâtre. Et jamais le spectacle ne vire au voyeurisme. Les corps complètement nus et les couples d’amoureux ne manquent cependant pas comme vous pouvez le voir. C’est même sans doute là une des composantes les plus manifestes des dernières toiles de Gazio. Regardez par exemple cette femme nue encouageant un musicien, cette autre avec un oiseau, ce tendre baiser près d’une cabine de bain, ce couple de femmes et cette scène d’amour avec une belle jeune fille, l’un des derniers tableaux, et cet homme et cette femme, au beau milieu d’un parc où les arbres font comme des notes colorées de musique. La musique est souvent présente et c’est d’ailleurs un musicien qui figure sur l’affiche de l’exposition. L’acrobate sur un monocycle, les clowns, les damiers qui ondulent, sans oublier la lune, qui ne tient pas en place, comme on le voit dans le tableau de l’homme qui tombe d’une barre, voilà autant de figures déjà vues, toujours à voir.
Une jeune fille, une actrice. Un monocycle encore. Et le soleil couchant, la lune déjà levée. Et le ciel bleu de nuit qui s’ouvre tel un sourire. Ainsi souriais-tu, actrice désintégrée qui perdit l’équilibre. Regardons les tableaux et saluons Gazio, mais n’applaudissons pas. Rilke nous dit pourquoi : « Mais déjà ils éclataient en applaudissements, par crainte du pire : comme pour détourner d’eux, au dernier moment, ce qui aurait dû les contraindre à changer leur vie. »


"Quelle meilleure et belle façon que de jeter hors de soi ce qui vous préoccupe ? Un pinceau, des couleurs, une porte ouverte sur son imaginaire. Le petit vélo de la tête de Nicolas Gasiorowski s’est échappé pour rouler à travers les toiles, comme autant d’écrans ouvert sur le spectacle d’une vie qui se déroule comme elle peut. Sur deux roues cherchant l’équilibre ou dans l’harmonie du mariage du trait et des couleurs : choisissez comme vous pouvez.
Mais surtout, suivez la route du peintre qui vous emmène."
Corinne Kuperberg


ERRANCE ,0PINION ET VERITE CE QUE LA PEINTURE DE GAZIO EST…ET CE QU'ELLE N'EST PAS par Yann Kerninon

« L’individu est comme la vague qui se soulève à la surface de l’eau. Elle ne peut s’en séparer tout à fait. Et elle retombe très vite dans la masse solidaire qui l’engloutit. Elle retombe toujours dans le mouvement irrésistible de la marée qui la porte. Mais pourquoi ne pas se soulever encore et encore et encore ? » Pascal Quignard – Les ombres errantes
Les sages, les poètes et les artistes n’ont pas d’opinion. La peinture de Gazio, donc, est une peinture sans opinion. Elle n’est même pas « conceptuelle », encore moins « engagée », « militante »… Elle ne juge pas la vie, ni les êtres. Mais elle se penche sur eux, les regarde, les observe. Et elle leur rend hommage. C’est pourquoi, malgré tout, elle nous dit quelque chose et elle est politique.
La peinture de Gazio fait sourire. Bestioles bizarroïdes rappelant la BD, bateleurs humanoïdes sur le point de tomber, pochetrons alcoolisés sur le zinc accoudés, grosses bonnes femmes, seins à l’air, chevaux-girafes hirsutes, chiens-fakirs improbables mais curieusement intégrés au commerce des hommes… Son bestiaire en deux dimensions, collé sur des décors bancals à la perspective volontairement douteuse nous jette à la figure le cirque de la vie, ses animaux, ses clowns… les clowns que nous sommes !
La peinture de Gazio fait sourire. Certes. Mais elle nous fait sourire de notre propre sort. Elle risque donc aussi de nous en faire pleurer… Car derrière chaque clown, chaque « bestiole », chaque bourgeois-à-chapeau ou chaque femme à l’air tendre transparaît – qui donc ne le voit pas ? – toute l’errance des hommes, notre mélancolie et la mort.
Que fait-il celui-là avec ses maracas ? Il ne sait pas jouer mais il essaye d’apprendre, sur-le-champ, pour séduire la nénette qui est là, tout au fond – mais qui ne le regarde pas. Et qui regarde un autre… Un autre qui est seul. Tout seul avec la lune. Et qui ne la voit même pas – la nénette tout en bas… Mais que font-ils ces deux là ? Ils se montent l’un sur l’autre ! Pédérastie ! Outrages aux bonnes mœurs ! Mais les juges derrière leur estrade se poussent du coude et se marrent et le chien yogi, lui aussi, semble très satisfait. Alors ça va… Un hippopotame dans une galerie d’art interrompt le dialogue d’un clown funambule et d’une petite girafe… Des cubes géants s’effondrent sur quelques imbéciles qui ont l’air tout surpris d’être tout d’un coup morts… Bref, c’est la vie ! C’est les hommes. C’est nous… In girum imus nocte et consumimur igni nous dit le fascinant palindrome de Virgile : « nous tournons dans la nuit et sommes consumés par les flammes ».
La peinture de Gazio n’est pas dans la tendance, mais elle est dans l’époque : absurde, mélancolique, animale et violente. La peinture de Gazio fait sourire, mais elle n’est pas très drôle. Elle nous dit « un monde merdique et complètement dingue », comme disait Richard Huelsenbeck il y a déjà un siècle. Un monde qui tombe en ruine. Un monde désenchanté où s’agitent les hommes. Un monde où Dieu est mort.
La peinture de Gazio pourrait nous faire pleurer, mais elle nous fait sourire parce qu’elle nous parle d’amour et pas du désespoir. La peinture de Gazio nous parle du cul des femmes ! « Cul » s’entendant ici au sens métaphysique ! Le cul qui dit la lune, le cul qui dit le monde, le cosmos, les planètes… Le cul qui dit le style, la manière de danser, de marcher, de s’asseoir, de séduire. « Ton style c’est ton cul », disait l’autre, sans la moindre vulgarité et avec une infinie tendresse.
Gazio peint les femmes comme un objet de désir, mais aussi et surtout comme un objet d’espoir, un passage vers un salut possible et une rédemption. Une blonde à peau blanche donne et cache à la fois sa pudeur. Une brune callipyge aux seins gonflés d’orgueil joue soudain sa timide et son effarouchée ! Deux chipies sur un banc se taquinent en jouant les lesbiennes du dimanche. Les femmes…
Lorsqu’il peint des femmes, Gazio peint l’amour tout entier. Du coup il peint aussi un homme. La rencontre de l’homme avec la femme. Puis leur capacité à se pencher l’un vers l’autre pour expérimenter un tout petit baiser. Il nous parle également de la capacité des êtres à s’enlacer, la possibilité de ne pas se déguiser, d’être nu, d’être là – juste présent à l’autre – hors de la mascarade. Il y a beaucoup de couples dans les toiles de Gazio. Des couples effrayés, des couples qui ont souffert, des couples un peu tristes qui ont beaucoup pleuré. Une femme sur une chaise en position fœtale et derrière elle un homme qui ne sait pas trop quoi faire, qui l’enlace et la serre sur son ventre pour tenter d’absorber sa douleur – inconsolable, intolérable – tant bien que mal.
A la fois triste et joyeux, désespéré et enthousiaste, utopiste et sans illusion, passionné et lucide, l’homme que décrit Gazio est à l’image des funambules récurrents et malhabiles de ses toiles. L’homme tient sur le fil tendu entre sa naissance et sa mort par sa seule aptitude à rejouer sans cesse son équilibre, à le repenser à chaque pas ou à chaque tour de roue de son monocycle. Pour que le chien yogi l’admire et l’applaudisse, il lui faut tous les jours réinventer son innocence et se dire, malgré ses échecs répétés, qu’il parviendra un jour à décrocher la lune.
De l’animalité et du chaos des œuvres de Gazio transparaissent, diaphanes et fragiles, une capacité des êtres à la tendresse et à la bienveillance, une aptitude à la vie et une faculté à s’élever, fut-ce au risque de la chute, vers quelque chose de plus haut qu’eux. Une capacité, pour chaque homme, malgré tout, à être digne au sein de l’errance… Un projet politique au-delà de l’opinion."
* Yann Kerninon est philosophe, pédagogue et artiste. Il a notamment publié Moyens d’accès au monde (Manuel de survie pour les temps désertiques) – Ed. Le Bord de l’Eau. Site web : www.yannkerninon.com


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